Jacques Vallerand

 

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Autoportrait-biographique

Les lois de la biochimie et de la physique ont permis à quelques molécules de se transformer en cellules vivantes, quelques quarante semaines avant l’irruption de ma conscience, le 22 août 1947 (*). Comme ce fait, indéniable, irréfutable, débute ma course à la mort, la phrase que je suis en train d’écrire inaugurera le monument à ma mémoire.

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Poème pour Jade 

(Juin 2004)

 

Pays de givre

Où flamme la lumière,

O mon amour ivre,

Si loin de ma prière.

De toi isolé

Et de moi insoumis,

Je bois à la pitié

La nuit.

 

Vagues brunes lointaines,

De ma forêt vierge

Il me faudra de Cayenne

Embraser le cierge.

Ton absence sans querelle

Au tréfonds du gris,

Griffe mes ailes.

Et je vis !

 

Un pied de loup

Contre le mur !

Et j’attends de vous,

Hors ce cœur si dur,

Un silence à la clé.

Que ma corde conjugue

Dans mon âme écorchée…

L’art de la fugue.

 

Neige insatisfaite !

Sous la glace, l’éternelle.

Je reviens à la fête…

O fiel…

La mémoire du navire

Ouvre à l’instant

Le cri de mon délire :

Le temps.

 

 

A

Saint Jacques de Compostelle.

 

 

1948

Les études à Montréal (Québec) furent aussi primaires que les secondaires au collège Stanislas, établissement ô combien français dans cet océan d’anglo-saxonisme. On me disait hyperactif, tannant mais certainement pas doué. J’ai damné mes parents à vouloir apprendre la clarinette alors que j’avais rivé son clou au piano. Eux, pourtant musiciens, (cf Le Diable dans le Beffroi, poème symphonique du Jean Vallerand père, œuvre méconnue) ne m’avaient guère porté, si je puis dire, sur les fonds baptismaux des soupirs et des silences. J’adorais les avions de chasse et le Grand Cirque de Pierre Clostermann, The Outer Limits et The Twilight Zone. Si ces titres ne vous évoquent rien, sachez qu’ils sauront parler à Pierre Thellier, puisque ces séries télévisées américaines alimentèrent mon imagination et inspirèrent nombre de nouvelles commises de conserve. Après avoir cueilli le bac, j’aspirais à la carrière militaire, mais une promotion paternelle - conseiller culturel à la Délégation du Québec à Paris - brisa tout net cette vocation quasi mystique. Et me voilà en médecine, tudieu ! Amiens, pourquoi pas, terre de glaise et de coquelicots, symboles du sang des Tommies de 1916 que tous les Picards ont oubliés, in memoriam, préférant l’hécatombe de Verdun à celle plus meurtrière de la Somme. Premier contact avec l’injustice de l’histoire trop correctement enseignée. Premier contact avec la Mère Patrie qui ne se souvenait pas beaucoup de moi (de nous, j’entends) et qui me l’a bien rappelé, va !

 

Les ouvriers agricoles de Péronne et de Montdidier se rappelleront peut-être de moi, quand on allait en SAMU détacher les malheureux pendus dans les granges ou ramasser la viande sur l’autoroute, folie des meurtres en chaînes. Thèse de santé publique, à défaut de dermatologie, de psychiatrie, ou autre diaphoiruserie. Déjà, je ne croyais plus à l’illusion des titres.

 

Entre-temps épousé par une québécoise de passage qui m’a donné trois jolis garçons (quelle horreur, ce mot de don d’enfants comme s’il s’agissait d’un don d’organes !), et après un court passage à Montréal, où j’ai vraiment appris la médecine, je suis revenu dans cette Patrie dont j’aspirais tant à téter le sein maternel. Naturalisation acquise et Santé publique ingérée via l’école de Rennes, je deviens médecin inspecteur et tutti quanti. Passons.

 

Appétence pour l’engloutissement du savoir ! J’engouffre la SF, la mystique des Templiers et autres faiseurs de miracles,  la BD,… et voilà que Pierre me tombe dessus. Ce seront X années de collaboration furieuse à tenter d’apprendre mutuellement à l’autre à écrire : romans sans succès et soixante nouvelles plus tard, j’ai étudié le japonais, le russe, le suédois, le brésilien, l’arabe (mal), le chinois (pire), l’hébreu, l’allemand et l’italien. Je ne les comprends pas et n’en parle aucune. L’histoire et l’archéologie feront aussi partie de mon patrimoine, comme cette Alfa Roméo 147 JTD avec GPS que je peine à revendre, vu que j’ai décidé de fuir la nouvelle direction de mon employeur, après sept années de service pro-public, pour le bagne de Guyane.

 

Cayenne donc et la grande verte, verte comme le jade de l’absinthe, vert Jade comme mon amour de Jade, cette blonde superbe qui fait si bien l’amour, la cuisine et parfois une crise de Jazz quand le gaz s’en mêle.

 

Je n’oublie pas mon violon. Les Wayanas, les Mong et la fille du chef sauront peut-être apprécier.

 

Ma devise :

Il ne reste rien dont tu crois le contraire.

 

Ce que j’aime :

L’humanité mais pas les hommes, le Beffroi du diable, œuvre culinaire en l’honneur du père, la psychanalyse, le bouddhisme, la culture, et la musique de film.

 

Ce que je n’aime pas :

Le journaliste TV qui accuse le public d’indifférence générale, le néo-franco-hexagonal, les au niveau de¸ en termes de, et la disparition de l’article partitif de.

 

Un projet :

Apprendre à peindre.

 

 

Un rêve :

Un éditeur à son compte et pas au mien.

 

Pseudonyme :

Jean-Jude Dol

(*) Nota :

Une précision de Jacques Vallerand :

(...)

"Je ne suis jamais né en terre canadienne,

Car bien que britannique, je ne suis qu'un beau mec

Comme le juif errant, vivant seul à la traîne.

Mais si je suis bien né, je suis né au Québec."

 

 

Musique :

Deux préludes pour guitare

(les 9 autres sont perdus)

 

Atocha, élégie pour quatuor à cordes,

en mémoire des victimes du 11 mars 2004

 

Chansons,

...mais parlons d’autres choses...

 

 

Travaux en collaboration

avec Zorica Sentic.

 

Romans

Cinq jours et plus

Entrechats et loups

 

Nouvelles

Le village grec

Ludwig et Léa

 

 

 

Extrait de Ludwig et Léa, (inédit).

(...) J'attends. Sans impatience car je suis en mission, encore une fois.

L'homme est petit mais musclé, plutôt trapu, un oeuf sur jambes, calvitie clairsemée, une auréole de poils comme une cornette de bonne soeur antique autour de l'arrondi poli du crâne. Il regarde le sol, s'avance, distrait, il va me heurter, me heurte.

Il bafouille, renvoie d'un geste large le pan d'une curieuse écharpe de laine verte plus habi­tuée aux vents acides du nord. L'écharpe volette dans l'air comme une aile avant de sombrer dans le dos d'un manteau beige indécis dont l'homme a serré le col.

Ses yeux pétillent.

" Excusez-moi, Mademoiselle. "

 Je souris sans impatience.

" Il n'y a pas de mal. "

Et j'attends. En d'autres circonstances, une fille aurait passé son chemin. Pas moi. Ça le dé­contenance. Je le toise sans un mot et lui me fixe du regard. Il est plutôt éteint son regard, très loin de la fête, à mille lieux ou à vingt milliards d'années lumière. S'il cherche quelque chose, il m'a trouvée.

" Vous faites à la fête ? " dit-il.

L'original ne l'est guère.

" Ca se peut ! Pas vous ?

"Puis-je vous aider ? "

Je peux tantôt me donner des airs de fille perdue si l'objet le de­mande.

" Je vous offre un verre ? " fait-il.

J'avance de quelques pas. Je le sens sur mes traces, il revient à ma hauteur. Belle invention que le hasard! Là, dans cette rue, lui et moi au même moment.

 

Site officiel de Pierre Thellier : http://www.pierre-thellier.com